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	<title>Fabrice Gilbert</title>
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	<description>Celui qui sait voyager, sait vivre...</description>
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		<title>La comédienne.</title>
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		<pubDate>Fri, 18 May 2012 03:02:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator>fabrice</dc:creator>
				<category><![CDATA[La vie des Autres]]></category>

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		<description><![CDATA[Lorsque la productrice m’a dit ton nom mon cœur s’est accéléré, puis dans un étrange mouvement lent et simultané mes yeux se sont écarquillés et &#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Lorsque la productrice m’a dit ton nom mon cœur s’est accéléré, puis dans un étrange mouvement lent et simultané mes yeux se sont écarquillés et mes sourcils froncés (essayez et vous comprendrez comme c&#8217;est difficile). Lorsqu’une Etoile telle que toi accepte le rôle principal d’un court-métrage je me demande toujours si elle se rend compte de l’engagement personnel que ça implique, ou plutôt dans quel merdier elle met les pieds. Un court-métrage se fait toujours avec des bouts de ficelles. Et même quand on a la chance d’en avoir trouvé beaucoup … Ca ne reste en fin de compte que de la ficelle. On t’a expliqué tout ça avec toute la diplomatie possible pourtant, avec des circonvolutions élégantes, des mots doux. Te parlant d’amour de l’art à travers ta participation et surtout ton généreux engagement personnel au projet d’un jeune réalisateur prometteur. Tu étais enthousiaste. Quel bonheur tu t’en souviens? Quel chalenge aussi pour l’équipe. 2 acteurs principaux de premier plan, un beau scenario et le sud pour décor. Que nous étions heureux sur l’autoroute nous menant vers cette belle aventure.</p>
<p>Il faut savoir que l’enthousiasme et l’amour de l’art des étoiles féminines de premier plan se dissout souvent dans les courts-métrages comme le Lexomil dans le champagne.</p>
<p>Bien évidement j’aurais aimé te fournir la chambre avec vue de ce charmant petit hôtel sur les hauteurs, ainsi qu’accueillir tout ton staff jusqu&#8217;à ton photographe. Rien ne m’aurait fait plus plaisir que de t’offrir un chauffeur personnel 24/24, plus de jours pour ménager ton talent et ton corps meurtri, des chocolats et des fleurs tous les jours, un vrai car loge et un crédit illimité pour toi et ton staff dans les meilleurs restaurants de la ville. Oui j’aurais tant aimé t’offrir tout ça et plus encore moi qui tremblait lors de notre première rencontre, au son de ta voix qui avait bercé mon adolescence cinéphilique. Malgré tout mon amour pour toi, je  n’ai pu être que celui qui te disait Non. Pas un vrai non bien sur, par amour pour toi je préférais plutôt les “je vais essayer” ou “je vais faire tout mon possible”.</p>
<p>Comme j’ai aimé tes convocations transmises par ton maquilleur ou par cette pauvre stagiaire que tu terrorisais. Comme j’ai aimé ses moments en tête à tête où tu me mentais avec tant de coquetterie comme on ment à un vieil amant, sachant tout les deux que ni l’un ni l’autre n’est dupe. Cette histoire de vieille tante sur le point de mourir alors que tu t’empiffrais de chocolats hors de prix dans ta chambre.  Cette moue de jeune fille derrière ton front fraichement botoxé lorsque tu es venue me remercier pour la petite enveloppe de défraiement, et m’annoncer que tu avais déjà tous dépensée. Pas en chocolat bien sur au vu de la facture qui m’est parvenue ensuite.</p>
<p>Peut-être n’en ai-je pas fait assez. La suite où tu logeait dans cette demeure du 16e siècle était elle trop petite? Elle a pourtant vue passé de nombreux présidents de la république et personne ne s’en est jamais plaint que je sache. Mais comment savoir vraiment! Etais tu vexée que je ne te propose pas de chauffeur pour parcourir avec ton staff les 300m qui vous séparait du restaurant ou nous vous attendions. Peut-être désirais tu plus de poigne, des coups de cravache ou des gifles. Si tu me l’avais seulement dis. J’en ai fais pleurer d’autres pour moins que ça. J’aurais su.</p>
<p>Comme j’ai aimé suivre tes traces dans la vieille ville, comme un amant jaloux fiévreux pour aller payer les ardoises laissées dans les meilleurs restaurants de la ville. Quelle douceur honteuse de découvrir sur une note de restaurant abandonnée à un clou ce que tu avais diné la veille. Moi qui t’imaginais dégustant du bout des lèvres un fois gras maison accompagné d’une petite salade, ces saucisses aux lentilles accompagné de 2 bouteilles de rouge maison m’ont fait rougir à mon tour.  Je repense souvent à ses longues heures à t’attendre patiemment sur le plateau car tu te trouvait vieille et laide et refusait de sortir de ta chambre. Comment ne pas aimer ardemment une telle âme, dis moi.</p>
<p>Aujourd’hui je t’écris pour te dire que notre amour est fini. J’ai brulé mes vhs de toi comme d’autres brule des lettres et j’utilise maintenant les dvd comme sous verres. Le cœur d’un intermittent  du spectacle est une matière tendre qui aime les films auxquels il participe comme une chatte aime ses chatons; Enfin presque tous;  Et son cœur saigne quand elle voit l’un d’eux noyé sans égards devant elle. Tu as brisé mon cœur de chatte en noyant cet enfant sans un regard, sans un égard pour l’équipe qui s’y est investi, pour le réalisateur qui l’a porté. Nous t’avons aimé, c’est fini. Tant pis pour toi.</p>
<p>PS: La production ne rembourse pas les achats personnels sans accord préalable et cela inclut les chocolats.</p>
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		<title>Nathalie</title>
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		<pubDate>Thu, 16 Feb 2012 02:09:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>fabrice</dc:creator>
				<category><![CDATA[La vie des Autres]]></category>

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		<description><![CDATA[Nathalie est une pute.
Elle fait le trottoir du lundi au vendredi de 10h à 19h rue Sainte Opportune, entre la rue des Lombards et la rue &#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Nathalie est une pute.</p>
<p>Elle fait le trottoir du lundi au vendredi de 10h à 19h rue Sainte Opportune, entre la rue des Lombards et la rue de la Ferronnerie. Pour être plus précis, en face du restaurant L’Amazonial entre la Banana Café, devant lequel tapine la vieille Maguy et le Diable des Lombards, territoire d&#8217;Olga.</p>
<p>C’était le debut des années 90. Les bobos que l’on n’appelait pas encore bobos, les jeunes pédés de province à peine descendus du train , les rebelles des quartiers chics et les racailles qui n’en avait pas encore le nom avaient pris possession du quartier chassant par la même occasion les dernier primeurs, les derniers ouvriers, les derniers clients. Le Banana Café est le passage obligé des noctambules, des celebrités de second plan et des garçons sensibles en devenir. L’entrée est libre et les consos abordables. La légende veut que le caissier mette quelques gouttes de Poppers dans la climatisation avant l’ouverture pour  faire s’échauffer les esprits et libérer les corps. Il n’était pas râre que des strip-teases s’improvisent pour une bouteille de champagne et que des garçons entrant avec une fille, repartent avec un garçon. Les toilettes étaient sans cesse occupés et rarement pas une seule personne à la fois.</p>
<p>Nathalie s’en fout un peu du Banana café. Ca s’appellait le Broad avant et c’était plutôt cuir et chaînes. Mais c’était avant. Eux aussi on les a relégués un peu plus loin du centre. Nathalie et ses copines sont un peu tout ce qui reste des Halles d’avant. Elle n’a pas l’air d’une pute. Elle n’a jamais eu l’air d’une pute.  Plutôt d’une dame qui sort son chien sauf qu’elle n’a pas de chien. De toute façon il y a longtemps  qu’elle ne se fait plus remarquer dans ces rues à putes devenues un centre commercial à ciel ouvert. Il y a longtemps qu’elle n’a plus de concurrence et que la minujupe en cuir sur bustier en dentelle et bottes aurait l’air déplacé dans ce quartier.</p>
<p>A 55 ans c’est plutôt son look bourgeoise next door que midinette qui fait sa clientèle, des hommes d’affaire à la retraite, d’anciens représentants en percolateur. Ces mêmes  hommes qui voient toujours en elle, derrière ses pattes d’oie et son ovale affaissé, la jeune femme bcbg au regard mutin et à la voix douce, qui les faisait ramper à ses pieds. C’était une autre époque. Même s’ils rampent toujours, le plaisir n’est plus le même. Il n’y a plus de surprise, plus de nouveauté. De toute façon quelle nouveauté peut-on encore espérer. Elle se méfie des nouveaux clients. Elle ne voudrait pas se retrouver avec les dents cassés à quelques années de la retraite comme cette pauvre Maguy.</p>
<p>La pauvre Maguy qui ressemble à une concierge entre deux ramassages de poubelles, a un chien, elle. Ses clients sont les anciens primeurs du temps de Halles qui viennent par fidélité et surtout parce qu’ils sont rassurés par leur vieille Maguy.  A 70 ans, les clients ne se bousculent pas. C’est pour ça qu’elle aurait dû se méfier la vieille Maguy. Un petit jeune, à peine 50ans.  Il l’a pas loupé. La pauvre Maguy. Elle n’a pas pu sortir de chez elle pendant 15 jours, la gueule enflée et les dents cassées. Elle est restée enfermée dans son petit studio, là où elle amène aussi ses clients. Ce sont les copines qui lui sortaient son chien, son vieux caniche noir dégueulasse.</p>
<p>Rien a voir avec Nathalie. Plus que 5 ans et elle raccroche ses talons, sa fourrure et part vivre à la campagne. Elle revend son appartement parisien et s’installe dans sa maison de campagne. Plus de client, plus de vicieux, plus de trottoir. Plus d’heure à attendre dans le froid et sous la pluie.</p>
<p>Ca marchait plutôt bien dans les années 70. Les halles se transformaient. Il y avait de l’argent et elle était belle et jeune. <span style="text-align: left;">Elle ne l’a pas volé son argent. Elle s’en est envoyé et pas qu’un pour se payer sa petite maison à la campagne et son appart parisien. Personne ne lui a fait de cadeaux.</span></p>
<p>Maintenant c’est diffèrent. Elle a 1 ou 2 clients pas jour, des habitués. Le reste du temps elle écoute la pauvre Maguy ou Olga qui porte sa toque en fourrure six mois par an. Les mauvaises langues disent qu’elle est chauve. Elle boit des café avec ses copains, les petit serveurs du Banana Café, de L’Amazonial ou du Diable des Lombards. Ils se racontent des histoires et rigolent en regardant passer les badauds. Elle les aiment bien ses petits pédés depressifs et cocaïnomanes fraîchement arrivés de province qui lui pleurent sur l’épaule les lendemains de fête, en pleine descente d’extasy.</p>
<p>Y’a plus que ça, des pédés. C’est pas ça qui fait venir les clients mais ça occupe les journées en attendant de rentrer à la maison.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Elle.</title>
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		<pubDate>Sat, 04 Feb 2012 01:26:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator>fabrice</dc:creator>
				<category><![CDATA[La vie des Autres]]></category>

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		<description><![CDATA[C’est gentil de m’aider car là je voyais pas de solution. En plus cette ville est hyper cher…
Et puis je dois quitter la maison. Mes &#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em>C’est gentil de m’aider car là je voyais pas de solution. En plus cette ville est hyper cher…</em></p>
<p><em>Et puis je dois quitter la maison. Mes amis rentrent à L.A…</em></p>
<p><em>La maison était magnifique, face à la mer, du délire. J’te raconte pas les fêtes. Oué je sais j’aurais pu m’occuper de ma valise avant. C’est étrange qu&#8217;elle mette autant de temps à arriver. Non?&#8230;</em></p>
<p><em>Mais bon avec le festival de techno on a été super occupés. 4 jours c’est long. Sans valise. Oui c’est long c’est vrai. J’ai ete au supermarché m’acheter des culottes et un maillot de bain…</em></p>
<p><em>Non le maillot de bain pas au supermarché non, Tu rigoles. Y’avait que des trucs moches…</em></p>
<p><em>Oui c’est vrai je ne t’ai pas invité non plus, ni envoyé de message jusqu’à ce que mes potes me laissent seule. C’est vrai. Tu sais ce que c’est. C’est là, maintenant que j’ai besoin d’aide car sans valise je peux pas aller dans le Chiapas…</em></p>
<p><em>Comment ça il fait froid dans le Chiapas! Il fait froid au Mexique! Tu deconnes! C’est à 2 heures d’ici…</em></p>
<p><em>Ha non? 12h! Ha oué…</em></p>
<p><em>Apres je compte aller 2/3 jours sur le Pacifique. Il parait que c’est sublime le Pacifique avec les vagues et tout. J’ai discuté avec un gars qui y a été un jour…</em></p>
<p><em>Comment ça 12h de bus depuis le Chiapas. En plus?!? C’est si grand que ça le Mexique. On dirait pas hein!&#8230;</em></p>
<p><em>Mais ca va pas etre possible alors, je  repars dans 12 jours…</em></p>
<p><em>Je sais pas Londres peut-etre. Qui? machin? Non c’est fini en fait…</em></p>
<p><em>Il t’as pas dit? Non! Lui, je ne sais pas. Enfin moi c’est fini. Il veut ouvrir un restau à Ibiza. Moi j’ai encore la vie devant moi&#8230; Pas lui il va avoir 38 ans. J&#8217;ai une bonne copine là-bas. Ben à Londres. Je vais aller chez elle.</em></p>
<p><em>Tu peux m’aider alors pour ma valise? Oui pour le moment j’ai tout dans ce sac plastique là. Celui qu’on m’a donné au supermarché quand j’ai acheté mes culotes. Ca crains, c’est moche… </em></p>
<p><em>Oui je sais où je vais dormir, chez des pôtes. Bien sur je les connais depuis longtemps, depuis Ibiza, il y a au moins 3 ans. On se connait hyper bien. C’est des amis d’un copain qui a mixé là où on bossait. Une super teuf!!!</em></p>
<p><em>Là je vais me faire 3 jours de plage, repos absolut, dormir. Pas d’alcool. Rien. Me refaire une santé quoi…</em></p>
<p><em>Je compte sur toi pour telephoner demain. T’es un amour, je le dirais à Machin si je le revois. Je te tel en rentrant du Chiapas et on se voit tranquillement…</em></p>
<p><em>Merci. Muack. Quoi le taxi c’est 20 pesos! Non tu te trompe on a payé 200 pesos minimum à chaque trajet pendant le festival…</em></p>
<p><em>Ha on s’est fait niqué comme des touristes à la con drogué jusqu’au yeux…</em></p>
<p><em>Je me disais aussi c’est cher le Mexique.!!</em></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Je n’ai plus eu de nouvelles après ça sauf ce statuts sur Facebook le lendemain:</p>
<p><em>- I go dance my ass off tonight! My suitcase back! come to us, party time!</em> (je ne traduis pas pour garder toute la subtilité et l’élégance de la version originale)</p>
<p>Elle est repassé au shop à son retour du Chiapas ou elle a eu froid mais a trouvé les enfants pauvres si beaux. On a pu parler tres vite. Elle m’a proposé de les rejoindre sur la plage pour faire la fête avec des gens tres sympas. Des amis d’amis qu’elle connaissait depuis au moins la veille…</p>
<p>Je n’y suis pas allé.</p>
<p>Elle ne m’a pas rappellé.</p>
<p>Puis j’ai lu ce message su Facebook:</p>
<p><em>-Je réalise que je prends l’avion dans quelques heures. Une journée à disparue et en plus j’ai perdu tous  mes papiers et ma carte de crédit en boite hier soir! </em>(reconstitué de mémoire car malheureusement retiré de Facebook depuis. Probablement censuré par Hadopi&#8230; ou bien les chinois&#8230; où alors elle a pensé que ça donnait une mauvais image d&#8217;elle&#8230; Ou alors la journée n&#8217;avait pas disparue, elle ne partait pas quelques heures après et elle n&#8217;avait perdu ni papier ni carte bancaire et tout ceci n&#8217;était qu&#8217;un horrible cauchemar du à l&#8217;alcool et à la drogue.)</p>
<p>J’ai prié pour qu’elle ne m’appelle pas. Elle ne l’a pas fait. Le ciel m’a entendu.</p>
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		<title>Jason.</title>
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		<pubDate>Sat, 28 Jan 2012 04:29:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator>fabrice</dc:creator>
				<category><![CDATA[La vie des Autres]]></category>

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		<description><![CDATA[Qui peut trouver des raisons d’être heureux tout le temps.
Qui peut bénir la vie, les oiseaux, ses voisins, ses collègues tous les matins comme une &#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Qui peut trouver des raisons d’être heureux tout le temps.</p>
<p>Qui peut bénir la vie, les oiseaux, ses voisins, ses collègues tous les matins comme une princesse de Walt Disney; souhaiter à tout va la paix et l’harmonie un sourire crétin en travers du visage comme si le simple fait de respirer apportait la béatitude. Je me méfie des gens trop heureux.</p>
<p>Les gens trop heureux cache toujours quelque chose…</p>
<p>Je connait deux personnes heureuses tout le temps. L’une fait de la méditation. Se félicite de son bonheur et te souhaite le même, te bavant de joie sur l’épaule en te faisant des hugs interminables. Ses souhaits de paix et de prospérité ressemblent au “Be well” d’un film de science fiction des année 90. Malgré cela, une fois par mois elle oublie toute réalité, paix et prospérité comprise et se perd dans la musique, la drogue et l’alcool pendant 3 jours, t’appelle à 6 heure du matin en larme pour que tu finisse ses cours 2 heures plus tard en jurant; et je ne sais si c’est aux autres ou à elle même; qu’elle ne le fera plus.</p>
<p>L’autre c’est Jason. Jason est toujours heureux et enthousiaste. Heureux de rendre service, de porter 20 bouteilles de plongée, de sortir les poubelles et de travailler 13h de suite. Enthousiaste de tout. La journée n’est pas bonne elle est fabuleuse, la plongée n’a pas été belle, elle a été exceptionnelle. Les plongeurs ne sont pas sympa ils sont extraordinaires. Le sourire qui lui traverse le visage lui vient du coeur. Quand il t’écoute c’est avec son âme. Je me suis toujours demandé ce que l’on avait à (se)cacher pour se convaincre ainsi de la beauté du monde.</p>
<p>Jason a passé tout les niveau de plongée dans une félicité que l’on ne rencontre que chez certains personnages de série TV et les jeunes nonnes. Maintenant Divemaster il fait son travail et celui des autres avec une joie sans faille. On rit beaucoup ensemble, néanmoins je n’arrive pas à lui poser des questions sur son passé même lors des longs retours en bateau propice aux conversations et aux confidences. Sa manière de m’appeler Chef, de me débriefer la journée ou de me demander des procédure pour tout, sonne à mon oreille comme les échos d’un passé douloureux.</p>
<p>Il y a quelques semaines un de mes élèves n’a pas réussi à finir le cours. Il m’a avoué revenir d’Irak et qu’il ne pouvait pas affronter l’angoisse d’être sous l’eau. Cet homme revenait tous les jours pour essayer et s’excuser chaque fois de ne pas y arriver. Un jour Jason était là. Lorsque mon élève lui a parlé de l’Irak, j’ai senti une décharge électrique traverser son corps. C’est sorti d’un coup. Il a craché en rafale le nom du régiment, le numéro du bataillon, son matricule et Le nom de la ville où son unité a passé 4 ans. Felluja, Afganistan.</p>
<p>Je les ai laissé seuls, je me suis excusé en silence. Quelle place avais-je dans cette conversation de survivant moi qui n’ai même pas fait mon service militaire. J’ai vu dans leurs yeux la même douleur. Celle de ceux qui chaque matin doivent lutter pour se lever, se reconstruire, oublier. Ceux pour qui continuer à vivre demande un effort de chaque minute. Jason peut rester de longues minutes à monter et démonter son équipement de plonger et j’ai l’impression de voire un militaire monter de démonter son fusil d’assaut. Je le vois se répéter à voix basse des mots, toujours les même comme une incantation pour se prouver à lui même qu’il en est capable. Jason soufre du syndrome du survivant. Il a perdu toute son unité à Falluja et il lutte chaque jour pour s’expliquer pourquoi lui est là à passer des journées fabuleuses, a faire des plongées exceptionnelles et a rencontrer des gens extraordinaires alors que tous les autres sont mort.</p>
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		<item>
		<title>La journaliste française.</title>
		<link>http://www.fabricegilbert.com/blog/?p=1492</link>
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		<pubDate>Tue, 17 Jan 2012 01:33:05 +0000</pubDate>
		<dc:creator>fabrice</dc:creator>
				<category><![CDATA[La vie des Autres]]></category>

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		<description><![CDATA[Bonjour Fabrice
tu as pu lire les interviews ? 
c&#8217;est pour ce blog que je compte aller a Cuba 
 probleme : j&#8217;ai un visa presse us dans mon &#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em>Bonjour Fabrice</em></p>
<p><em></em><em>tu as pu lire les interviews ? </em></p>
<p><em>c&#8217;est pour ce blog que je compte aller a Cuba </em></p>
<p><em> probleme : j&#8217;ai un visa presse us dans mon passeport</em></p>
<p><em>faire faire un 2e passeport parait complique</em></p>
<p><em> je me demande si je pourrai meme avoir un visa tourisme avec ce papier colle dans le passeport</em></p>
<p><em>&#8230; </em></p>
<p><em> apres je cherche des conatcts de gens interessants sur place </em></p>
<p><em>et puis j&#8217;aimerais savoir, en gros, ou je vais aller, ou je dois aller</em></p>
<p><em>si je loue une caisse </em></p>
<p><em>si je prends le bus </em></p>
<p><em>si je vais dans le sud dans le nord &#8230; </em></p>
<p><em>Salut.</em></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Je vais te donner la meilleur réponse que je puisse concernant ton US visa:</p>
<p>-P&#8217;t'être bien qu&#8217;oui, ou p&#8217;t'être bien qu&#8217;non.</p>
<p>Ce qui est valable à peu près pour tout à Cuba.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Un passeport sans ce Visa ce serait mieux. Néanmoins tu peux être journaliste et aller à Cuba en vacances. Je te recommande d&#8217;ailleurs de dire à TOUT les gens qui te poseront la question que tu n&#8217;est pas journaliste et que tu est en vacances. J&#8217;ai moi même un blog et je ne suis pas journaliste. Je suis un artiste qui utilise l&#8217;écriture comme un mode d&#8217;expression artistique. La formulation à Cuba est tres importante.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Peuvent-ils t&#8217;empêcher d&#8217;entrer: OUI. Peuvent-ils te faire suivre: OUI. Peuvent-ils t&#8217;envoyer des mecs sublimes parlant parfaitement le français et hyper intelligent pour te poser des questions après 5 verres de Rhum: OUI (ils l&#8217;ont fait avec moi mais c&#8217;est une autre histoire). Est il possible qu&#8217;ils ne vérifient pas les pages de ton passeport: NON. Est il possible qu&#8217;ils n&#8217;en aient rien à foutre: OUI. Empêche t&#8217;on systématiquement les journalistes de rentrer à Cuba: NON au contraire.</p>
<p>Voila.</p>
<p>Concernant le reste&#8230;</p>
<p>Il y a beaucoup à faire à la Havane surtout si tu veux avoir une vision globale en ayant le temps de creuser et de te faire présenter les gens, d&#8217;ouvrir les portes et tout et tout.</p>
<p>Sinon fais moitié La Havane et moitié Santiago. Louer une voiture est pratique mais coute cher donc à moins que ce ne soit vraiment necessaire le taxi est peut être le mieux. Le bus et les transports en commun oublie, ainsi que les longues distances en voiture (La Havane- Santiago par exemple).</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Les gens interessants il y en a partout. Si tu cherches à entrer en contact avec des gens &laquo;&nbsp;subversif&nbsp;&raquo; fait bien attention car ils sont TOUS surveillés et ensuite c&#8217;est toi qui sera surveillé et là il remarqueront ton passeport si ils ne l&#8217;ont pas remarqué avant.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>C&#8217;est difficile de te donner des noms et des cordonnées car beaucoup de mes amis ont maintenant quitté le pays et je trouve que ça n&#8217;a pas de sens de te dire qui interviewer. Je vais par contre te donner l&#8217;adresse d&#8217;une &laquo;&nbsp;casa particular&nbsp;&raquo; où habiter à la Havane, la proprio est une excellente amie, intelligente, drôle et qui a fréquenté des dizaines de personnes intéressantes et qui pourra peut-etre à son tour te donner des pistes : xxxxxxxxx@yahoo.com ou sur Facebook: Xxxxxxx Xxxxxxxxx.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Je peux aussi te donner des adresses de lieux ou tu rencontreras des personnalités, des vrais gens, ensuite à toi de voire.</p>
<p>-La fondacion Xxxxxxxx, pour ses jeunes artistes; Une mine d&#8217;or. C&#8217;est l&#8217;appartement au dernier étage de l&#8217;immeuble. Ils sont difficile à trouver.</p>
<p>Fundación XXXXXX</p>
<p>Calle X # X entre X y X</p>
<p>Vedado, La Habana, Cuba</p>
<p>-La casa X de centro Habana mais seulement les après-midi en semaine où tu rencontreras des personnes agées qui viennent danser pour oublier, les afficionados qui peuvent te parler de musique et t&#8217;emmener dans les endroits ou les touristes ne vont pas. On trouve aussi des &laquo;&nbsp;jineteras&nbsp;&raquo; jeunes filles tarifées occasionelles ou pas.</p>
<p>-La rue X entre X et X pour la vraie vie.</p>
<p>-L&#8217;X pour les connexions avec les francophiles, la communauté française, les intelos et etudiants.</p>
<p>-Le restaurant X pour le lieu et la cuisine. A ne pas louper mais il faut reserver imperativement.</p>
<p>-Le Malecon, en bas de la avenida X et l&#8217;avenida X aussi apelée XX jusqu&#8217;au Cinema X le soir le week end pour la communauté gay et travestis.</p>
<p>-Un club situé sur l&#8217;avenida X à l&#8217;angle de la rue X. On y a passé beaucoup de temps avec Richard lorsqu&#8217;il cherchait des gens dans la musique alternative. Là-bas c&#8217;etait le RAP mais je ne sais pas si c&#8217;est toujours ouvert.</p>
<p>-L&#8217;ecole de ballet en face des bureaux de l&#8217;Unesco rue X entre X et X.</p>
<p>-Le centre culturel X sur la rue X.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Je pense que c&#8217;est un bon début. A toi de jouer.</p>
<p>A bientôt.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Fabrice.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title></title>
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		<pubDate>Sat, 14 Jan 2012 02:14:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>fabrice</dc:creator>
				<category><![CDATA[Carnet de voyage]]></category>

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		<description><![CDATA[« Être fidèle, c&#8217;est faire comme si le temps n&#8217;existait pas. » 
Masculin Féminin, Jean-Luc Godard, 1966.
&#160;
Share on Facebook]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h1><span style="color: #000000;"><strong>« Être fidèle, c&#8217;est faire comme si le temps n&#8217;existait pas. » </strong></span><br />
<span style="color: #800000;"><em><strong>Masculin Féminin, Jean-Luc Godard, 1966.</strong></em></span></h1>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>La Fin (du carnet d&#8217;un Instructeur de plongée)</title>
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		<pubDate>Wed, 21 Dec 2011 08:27:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>fabrice</dc:creator>
				<category><![CDATA[Carnet d'un instructeur de Plongée]]></category>

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		<description><![CDATA[&#160;
“Mais dis moi, si tu reviens dans 15 jours cela veut dire que tu n’a pas besoin d’un mois de vacances et que tu peux &#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>&nbsp;</p>
<p>“Mais dis moi, si tu reviens dans 15 jours cela veut dire que tu n’a pas besoin d’un mois de vacances et que tu peux reprendre la travail ?!?”</p>
<p>Je  n’ai pas écris depuis 6 mois.  Je ne sais plus bien si c’est parce que je n’avais rien à dire ou parce que l’écriture de dissout dans le bonheur conjugal. N&#8217;est ce pas plutôt que lorsque l’on est heureux, ce qui se passe dehors a moins d’importance.</p>
<p>Vous en déduirez donc logiquement ce qui se passe dans ma vie puisque j’écris de nouveau.</p>
<p>“Je suis effectivement de retour dans 15 jours et je compte profiter des 15 jours de vacances qui me reste pour m’occuper de l’appartement dans lequel je viens d’emménager”.</p>
<p>“Fabrice. La compagnie est extrêmement généreuse avec toi. Elle te paye et te donne des vacances. Tu pourrais faire un effort quand on a besoin de toi.”</p>
<p>Je suis abasourdi par cette phrase. Une de plus dans le long chapelet des mesquineries quotidiennes dans une société mexicaine dont le but est d’usé jusqu’à la corde des employées blazés pour user à leur tour jusqu’à la corde le porte monnaie des touristes qui usent eux même jusqu’à la corde le personnel des hôtels usés tout comme moi par leurs employeurs. Joies du tourisme de masse au Mexique.</p>
<p>Je souris. C’est devenue mon uniforme ce joli sourire comme tant d’autre employés mexicains fatigués. Je n’y mets pas trop de dents. Je relève néanmoins une commissure un peu plus que l’autre en espérant qu’un interlocuteur intelligent saura y lire une ironie choisie et délibérée dénotant un acte réfléchi mué par un cerveau pas encore complètement lobotomisé. Je reste donc face à l’administratrice, ce chef (stupide) doté d’un (petit) pouvoir et qui s’évertue à appliquer des règles (idiotes) inventées par d’autres avec le zèle et le bonheur que seul  des subalternes (incapables) sont (bêtement) autorisé de mètre en œuvre pour une (hypothétique considération qui ressemble plus à une caresse sur la tête d’un chien obéissant qu’a une) considération d’égal à égale.</p>
<p>Nota Bene: Pour le version mexicaine, ne pas lire les mots entre parenthèse.</p>
<p>“Je suis extrêmement reconnaissant à la compagnie de ma payer pour le travail que je fournie sans contrat de travail depuis 1 ans et de m’accorder des vacances sans solde 2 fois par an et je promet à la compagnie de réfléchir très attentivement à la possibilité d’écourter mes vacances pour revenir travailler plus tôt en pleine saison creuse et gagner une misère à me faire chier dans un centre de plongée vide. »</p>
<p>Je fini de compter l’arriéré de salaire en petite coupure contenu dans mon enveloppe jaune format billet de banque. Cette typique petite enveloppe jaune avec laquelle nous sommes tous payés. Chaque quinzaine, les jours de paye, au supermarché, au restaurant, au cinema, tout le monde sort ses billets 1 par 1 de la même petite enveloppe jaune avec son nom écrit dans le coin, comme des élèves sage heureux de dépenser leur argent de poche, généreusement donné par un chef qui nous a bien fait comprendre en gardant le doigt sérés sur l’enveloppe un quart de seconde de trop, le privilège que nous avions de travailler.</p>
<p>Je porte donc ma commissure bien haute et j’y mets toute ma fierté et mon arrogance pour leur souhaiter à la cantonade de bonnes vacances.</p>
<p>12 jours plus tard je les appellerais pour leur exprimer ma tristesse de les prévenir à la dernière minute de ma démission mais on m’aura fait une proposition impossible à refuser. Je me permettrais d’espérer ne pas les mètre dans un trop gros embarras de devoir trouver en urgence à la fois un manager et un instructeur trilingue en pleine saison creuse.</p>
<p>Allez, Adieu.</p>
<p>Post Scriptum. Je serais remplacé en 24h par un jeune instructeur à peine bilingue payé moitié moins cher. 3 mois plus tard, le centre ressemblera à une hutte posée sur le sable prenant l&#8217;eau de toute part et le chiffre d&#8217;affaire sera en baissé de 60%.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Note Bene: Si certaines situations ont été inspirées de situations réelles, l&#8217;histoire, les dialogues et les personnages sont des fictions et ne peuvent en aucun cas être considéré comme véridiques.</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Le ventre.</title>
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		<pubDate>Sun, 26 Jun 2011 16:29:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>fabrice</dc:creator>
				<category><![CDATA[Carnet d'un instructeur de Plongée]]></category>

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		<description><![CDATA[
Lorsque Dieu a gravé les tables de la loi à ce bravo Moise, il en a oublier une. Il ne connaissait évidement pas Rolando mais &#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a rel="attachment wp-att-1451" href="http://www.fabricegilbert.com/blog/?attachment_id=1451"><img class="alignnone size-large wp-image-1451" title="DSC06907" src="http://www.fabricegilbert.com/blog/wp-content/uploads/2011/06/DSC06907-800x600.jpg" alt="" width="800" height="600" /></a></p>
<p>Lorsque Dieu a gravé les tables de la loi à ce bravo Moise, il en a oublier une. Il ne connaissait évidement pas Rolando mais quand on est Dieu on pourrait anticiper ces choses là. Il aurait fallu ajouter “Tu ne réclameras pas de nourriture”. Non il aurait fallut l’écrire en premier bien que je doute qu’elle soit davantage respecté que “ Tu ne mentiras pas” et “tu ne voleras pas”. Dés mon arrivé, j’ai été clair:</p>
<p>-“Rolando, on ne réclame pas de nourriture aux clients. Jamais.” Il m’avait évidement répondu de la manière machinale du type qui n’en fera qu’à sa tête.</p>
<p>- “Fabricio, mon cher Fabricio… bien sur, bien sur. Jamais”.</p>
<p>Nous savions tous les deux qu’il mentait. Ne pouvant pas être derrière les grosses fesses de Rolando toute la journée, tant que je ne m’en rendrais pas compte, je ferrais comme si tout allait bien, un peu comme Anne Sinclair avec DSK.</p>
<p>Il a commencé par me dire qu’il ne prenait pas sa pause déjeuner car il n’avait pas faim. Comment un homme qui se bave dessus en mangeant ses 2 hotdogs au petit déjeuner peut ne pas avoir faim au déjeuner!!!  Puis j’ai commencé à trouver des assiettes cachées, sous la table, derrière le matériel, sous l’escalier. Je demandais innocent s’il avait la moindre idée de leur provenance. Des client les auront surement laissé là. Oui probablement. Et celle dans le centre de plongée. Très certainement mon remplaçant lorsque je suis de repos. Oui ça doit être cela.</p>
<p>J’ai donc pris l’habitude de ne jamais lui dire combien de temps je partais, je lui disais 5mn et je revenais 1 heure après ou alors le contraire. Surtout le contraire…</p>
<p>J’ai mangé en 5mn et je suis revenu au centre, au moment pile où entrait la cliente, 2 assiettes et 2 bières dans les mains, souriant a Rolando comme une nonne faisant sa B.A. du jour ou plutôt comme une vieille fille apportant un verre de lait à un chaton pouilleux.  Rolando m’a regardé l’air gêné. Je souriais beaucoup trop.</p>
<p>-&nbsp;&raquo;Puis-je vous aider madame”, Ai je demandé le plus innocemment possible. Elle a regardé le chaton pouilleux rapidement avant de me proposer très aimablement une bière.</p>
<p>-“Merci infiniment, c’est très aimable mais nous ne sommes pas autorisé à boire d’alcool pendant les heures de travail… ni à nous faire apporter à manger non plus”. Son sourire est tombé, elle a regardé Rolando ne sachant que faire, soudain très embarrassée par ses 2 assiettes et ses 2 verres qui semblait soudain peser très lourd. Rolando a redressé la tête, ouvert les bras et en évitant mon regard a dit à la cliente:</p>
<p>-“ Je vous accompagne sur la plage, vous serez mieux pour manger vos hamburger, pendant que je vous présente nos excursions”. Elle semblait moins gênée. J’étais bluffé par l’aplomb de Rolando.</p>
<p>Je me suis installé tranquillement une dizaine de mètre derrière Rolando, la cliente face à lui, mangeait son hamburger. A quelques centimètre de sa main, le verre de bière fraiche se réchauffait inexorablement, Il faisait chaud au soleil. Plus le niveau de la bière baissait dans le verre de la cliente plus le regard de Rolando se posait longtemps sur ce verre qui n’attendait que lui. Je percevais de légers mouvements de cou à droite et à gauche comme un RMIste en fin de droit ferrait avant de mètre un boite de pâté sous son tee shirt au Leader Price de Beauvais.</p>
<p>Plus le temps passait et plus son mouvement de cou était prononcé, plus sa main s’enhardissait vers le hamburger et la bière. Cette bière qui, si elle n’était pas bue vite serait perdue a tout jamais.</p>
<p>Je restais la. Derrière lui, à l’ombre, accoudé à la rambarde,  Exactement dans son dos, longtemps, à attendre le moment où ses instincts de petit chat pouilleux le ferrait se jeter sur la bière. Sa main se rapprochait sans jamais oser attraper le verre. J’aurais tellement aimé qu’il attrape cette foutu bière, qu’il cède et que l’on soit débarrassé de cette affaire.  Je l’aurais pris sur le fait, je lui aurait fait un sermon (de plus) ce qui l’aurait calmé pour 2 ou 3 semaines. Alors que là, dés le lendemain il trouverait le moment propice pour dire à 2 ou 3 clients avec ses yeux plein d’innocence:</p>
<p>-“ Une journée de fou. Je n’ai pas arrêté depuis ce matin. Figurez vous que je n’ai même pas trouvé 5 minutes pour aller déjeuner. Et maintenant le restaurant est fermé.”</p>
<p>La cliente m’a vu.  Au moment où Rolando effleurait timidement le verre, elle lui a fait un léger signe du menton et il s’est retourné. Je lui ai fais un grand sourire.</p>
<p>Il a finalement quitté la cliente, lui serrant chaleureusement la main tout en jetant un dernier regard vers le malheureux verre de bière, maintenant chaude.</p>
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		<title>La première semaine.</title>
		<link>http://www.fabricegilbert.com/blog/?p=1440</link>
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		<pubDate>Mon, 11 Apr 2011 01:57:36 +0000</pubDate>
		<dc:creator>fabrice</dc:creator>
				<category><![CDATA[Carnet d'un instructeur de Plongée]]></category>

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		<description><![CDATA[Je suis d’une zenitude telle que bouddha passerait pour une ado sous amphétamine.
Je vais au Yoga trois fois par semaine en alternance avec la salle &#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Je suis d’une zenitude telle que bouddha passerait pour une ado sous amphétamine.</p>
<p>Je vais au Yoga trois fois par semaine en alternance avec la salle de gym. Je suis bien, détendu, heureux. Pendant mes 2 mois en free lance, j’ai trouvé mon rythme, fais le plein d’énergie. Je suis bien, vraiment bien.</p>
<p>Je regarde le centre de plongée, les pied dans l’eau jusqu’au genoux et je me dis que la semaine va être agréable. De toute façon je ne vais pas rester.</p>
<p>Pas d’initiatives, pas de vagues.</p>
<p>La bonne nouvelle est que l’hôtel est plein. Plein. Complètement plein. 100% plein.</p>
<p>Des québécois, plein de québécois. Partout des québécois avec leur sympathique petit accent. J’ai toujours eu du mal à imaginer qu’il puisse y avoir de québécois méchants. Leur accent est tellement sympatrique. « Bon Matin. Tu fais-tu tes démo d’ plongée à 11h ? ».  On s’appelle par nos prénoms. Ils sont contents qu’il y ai quelqu’un qui parle français.</p>
<p>Je fais des démos, je discute, je leur propose nos activités. Ils sont vraiment sympa… Vraiment… Je les croise lorsqu’ils reviennent du bar avec les bras chargés de verres.</p>
<p>« C’est gentil, vous en avez ramenez pour tous vos amis ? »</p>
<p>« Ben non c’est pour moi. C’est pour pas y’aller trop souvent !! »</p>
<p>A part ça ils manquent un peu de motivation. Mes québécois ils mangent, ils boivent, ils dorment et c’est tout… Mais ils sont tellement gentils.</p>
<p>Un peu comme Rolando en fait. Rolando doit être au Mexique ce que le Québécois est au Canada.</p>
<p>Remis de ma surprise de découvrir autant de québécois, je lui demande quand même comment ça se passe. Il me regarde, l’œil éteint, le poil terne, le ventre bas et le cul toujours vissé sur la chaise en plastique</p>
<p>Je souris, amicalement. J’essaye de faire en sorte que mon corps exprime toute la zenitude qui est en moi. Que tout ce bien-être savamment accumulé puisse irradier mon visage même lorsque Rolando dit une bêtise grosse comme lui, c’est à dire a chaque fois qu’il ouvre la bouche… Boudha en serait sur le cul.</p>
<p>Et Rolando me répond :</p>
<p>«  C’est compliqué, ils sont nombreux mais il ne comprenne pas ce que je dis… »</p>
<p>1 semaine… Rien qu’1 semaine. 1 toute petite semaine.</p>
<p>P.S.  Même si certaines anecdotes ou traits de caractère peuvent être inspirés de la réalité. Ces textes sont des fictions, des histoires inventées.</p>
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		<title>Le retour.</title>
		<link>http://www.fabricegilbert.com/blog/?p=1432</link>
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		<pubDate>Sun, 03 Apr 2011 04:25:36 +0000</pubDate>
		<dc:creator>fabrice</dc:creator>
				<category><![CDATA[Carnet d'un instructeur de Plongée]]></category>

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		<description><![CDATA[J’ai accepté de reprendre mon ancien poste de Base Leader pendant 1 semaine. 1 semaine, afin que ma « remplaçante » puisse  régler quelques affaires personnelles.
J’arrive donc, &#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>J’ai accepté de reprendre mon ancien poste de Base Leader pendant 1 semaine. 1 semaine, afin que ma « remplaçante » puisse  régler quelques affaires personnelles.</p>
<p>J’arrive donc, comme un remplaçant. Pas d’initiatives. Pas de chamboulement. Pas de changement. J’arrive, je fais mon boulot et je repars. Rien de plus me suis-je dis. 1 semaine, pas plus.</p>
<p>J’ai laissé il y a 5 mois une base qui fonctionne malgré le peu de client de l’hôtel. Un vendeur de 9h à 17h, un emploi du temps parfaitement calé, des démonstrations de plongée, le matin à 11h, des plongées à 8h et 15h. Bref, un truc simple.</p>
<p>C’est donc mon premier jour. J’arrive et je le trouve là, face à moi, un sourire détendu sur son gros visage enfantin et un gros ventre dépassant sous son polo. Il est assis sur une chaise, ses baskets et ses chaussettes négligemment abandonnées au pied de la chaise en plastique blanc. On remarque encore le logo du centre de plongée entre les taches de Ketchup. Il est donc là, se bâfrant d’un hotdog, devant la porte du centre de plongée, face à la plage et aux clients de l’hôtel. Détendu et serein, mastiquant la bouche ouverte, il trône.</p>
<p>Je lui souris.</p>
<p>-« Je suis Fabrice, je remplace Mireilla pendant une semaine. »</p>
<p>-« Ha salut, Moi c’est Rolando. Tu vas voire c’est cool ici »</p>
<p>-« Ça à l’air en effet »</p>
<p>Le bougre se lève et me demande si je sais comment fonctionne la base. Je lui réponds que l’on m’a expliqué sans plus de détail. Je fais le tour du centre sous son regard indiffèrent.</p>
<p>Il y a du sable partout, les charnières des portes sont cassées, le drapeau au dessus du centre tombe en lambeau. Les équipement sont posées en vrac. Le bureau est un empilement de papier, de classeurs et de formulaires. Le sac de Rolando en équilibre au dessus.</p>
<p>Rolando repose son gros cul sur la chaise dans un bruit mou et fini son hot dog en deux bouchées.</p>
<p>-« Dis moi Maurice », me dit-il.</p>
<p>-« C’est Fabrice, avec un F . »</p>
<p>-«  Ha… T’as déjà un badge avec ton nom ?, moi ça fait 2 mois que je suis là et je n’en ai pas encore »</p>
<p>-« C’est peu être parce que tu ne va pas rester ? »</p>
<p>Je souris et regrette tout de suite mes mots.</p>
<p>-« Dis moi Rolando, qui fait quoi ici ? »</p>
<p>-« La je fais une pose car je n’ai pas eu le temps de petit-déjeuner. J’ai eu un problème de voiture, je suis arrivé à 10h. Ensuite je vais aller faire le tour de la plage, Ensuite je vais aller déjeuner, puis ma sieste. Ensuite, je vais refaire un tout pour ventre 2 ou 3 trucs et partir vers 4 heures.</p>
<p>-« Ha ok, Et Mireilla elle fait quoi quand elle est là ? »</p>
<p>-« Globalement elle reste assise dans le centre de plongée devant son ordinateur. »</p>
<p>Sourire toujours… Toujours… Toujours…</p>
<p>1 semaine, pas plus. Pas d’intervention. Pas de remarque… Rien.</p>
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